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Un monde sans Communication Animale

A mon idée, une société humaine vraiment saine dans son rapport à l'animal serait une société dans laquelle mon métier n'aurait pas à exister.


A-t-on besoin de faire appel à un communicant animalier lorsque nous comprenons l'animal, la plante, le vivant parce que nous en faisons partie? Parce qu'il n'y aurait pas la Nature et nous, le sauvage et le domestique.


A-t-on besoin d'apprendre à pratiquer la CA comme un outil de plus lorsque, enfant, c'est avec les animaux et les plantes que nous apprenons la vie, le vivre ensemble, les lois de notre Monde?


A-t-on besoin de faire appel à un pro pour vérifier nos perceptions lorsque nous avons la Foi et une présence totale ici et maintenant?


Il est clair que je suis toujours très heureuse d'accompagner un humain avec son animal en séance, surtout si in fine, nous en ressortons tous grandis.

C'est une évidence que je pense utile la Communication Animale à notre société, sinon je ne proposerai pas mes formations et je ne mettrai pas tant d'énergie à partager de l'information sur le sujet.


Je perçois toute l'utilité de ma démarche lorsque je reçois des témoignages de gardiens d'animaux qui, ayant suivi une formation avec moi, sont parvenus à traverser une situation de vie avec leur animal, en le comprenant, en trouvant le juste positionnement, en l'accompagnant, en toute autonomie.. lorsqu'ils ont grandi ensemble sans avoir recours à mes services.

Parce que mon but n'est pas de devenir indispensable, je serai triste que les personnes qui m'accordent leur confiance pour un temps, m'accordent en plus le pouvoir de savoir pour elles, mieux qu'elles, ce dont leur animal a besoin.


Votre animal de compagnie est avant tout une personne avec laquelle vous êtes en relation. Vous vous présentez à lui tel que vous êtes avec votre réalité intérieure de chaque instant, vos défauts, vos qualités, les apprentissages en cours, votre expérience de vie, en tant qu'humain, en tant que gardien de votre animal, et rien de tout ceci ne peut être figé. La relation tend à nous faire grandir, elle nous propose d'aller rencontrer au plus profond notre humanité, d'incarner nos valeurs, de côtoyer nos zones d'ombre, de devenir une version toujours plus aboutie de nous même.


Qui, n'étant pas totalement impliqué, membre de cette relation, à la fois pierre, ciment et artisan de l'édifice en construction, aurait la prétention de savoir, de dire le chemin à suivre?

La relation est une œuvre et un chemin que seuls celles et ceux qui s'y trouvent réunis peuvent voir, parce qu'ils la pratiquent et la construisent à chaque instant.


Si nous avons besoin, dans notre société, d'experts des relations (de couple, parentales, éducatives, humain-animaux, etc..) ou d'outils de communication, qui pourraient être développés, que nous aurions à apprendre ou à réapprendre, c'est bien parce que finalement Etre en relation ne semble pas une évidence.


Cependant Etre en relation n'est-ce pas simplement Etre vivant? Etre à l'autre, Etre au monde ne pose aucune question, cela s'expérimente sans qu'aucun aspect de l'expérience ne se laisse regarder par le prisme du bien ou du mal.

Vivre ensemble, ce n'est pas vivre dans la Nature ou avec les animaux, c'est Etre au sein de ce monde, la Nature étant totalement intégrée à cette dimension de l'être. Etre au sein de ce monde, parmi toutes les formes qu'y prend la Vie, respirer, donner à chaque expire, recevoir à chaque inspire, donner avec gratitude, recevoir avec gratitude.


Dans cette version de l'humain, la société qui se construirait n'aurait pas besoin d'experts de la communication animale, ou du comportement animal, ou de la relation à l'animal, elle ne menacerait pas les écosystèmes, et ne serait pas actrice de la 6ème extinction des espèces.

La plupart des questions que nous nous posons sur le monde qui nous entoure n'auraient pas lieu d'être car il ne serait précisément pas le monde qui nous entoure mais celui auquel nous appartenons.


Cette réflexion est née d'un constat qui m'a attristé: celui d'une jeune femme dont le travail consiste à nourrir les gens, qui jugeait que mon métier avait "plus de valeur" que le sien.

Nous aurons toujours à nourrir, aussi longtemps que nous aurons à expérimenter la matière, nourrir est une grande tâche, c'est à mes yeux le plus noble des gestes.


Lorsque je nourris mes enfants, les personnes que j'accueille, les animaux qui m'entourent, les plantes de mon jardin, le sol des espaces que j'habite, les microorganismes qui se développent sur le fromage, mon microbiote, je ressens toute la gravité de ce geste, qui scelle mon appartenance à cette communauté du Vivant, et m'invite à participer, un geste par lequel j'honore la Vie en moi.

Mon métier a de la valeur dans une société qui glisse à côté du Monde, qui s'est construite sur une séparation, qui a scellé son engagement dans la dualité. Nourrir a de la valeur dans toutes les versions de l'expérience humaine.


Merci pour votre lecture. N'hésitez pas à me laisser un commentaire.


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